OSTAR 1964 - NAISSANCE DUNE LEGENDE.

Article rédigé par Christian Chalandre pour l’Atlantic Yacht Club

Treize concurrents prennent le départ de cette deuxième édition de l’OSTAR qui est maintenant reconnue sur la scène internationale. Les cinq concurrents de l’édition précédente sont de retour et tous vont améliorer leur temps de course.
Chichester et Hasler restent fidèles au même bateau qu’ils connaissent parfaitement. David Lewis traverse sur un des trois multicoques engagés, un catamaran de 40 pieds. A cette époque, les multicoques ne peuvent espérer rivaliser au près. Ils doivent donc choisir une route sud, avec des vents portants, mais beaucoup plus longue.

La vraie révolution va venir d’un jeune enseigne de vaisseau Français, Eric Tabarly, qui ayant décidé de participer à la course, fait tout d’abord construire au chantier Constantini , Margilic V, un bateau d’une dizaine de mètres, « de taille raisonnable », entre les douze mètres du vainqueur de 1960, (Chichester avouait qu’il trouvait souvent les manœuvres trop difficiles) et les huit mètres du second.

Après plusieurs entraînements en solitaire, il décide de faire construire un bateau plus grand. PEN DUICK II est né. Pour la première fois, un marin fait construire un bateau spécialement pour une course et ce bateau est un déplacement léger construit en contreplaqué, matériau que maitrise parfaitement le chantier Constantini. Il mesure 13, 60 mètres.

C’est une révolution dans le monde de la course océanique. Les Anglo-Saxons naviguent sur des déplacements lourds, de robustes voiliers conçus plus pour la croisière que pour la course. Mis à l’eau tardivement, Pen Duick II est à deux jours du départ encore en plein travaux, Tabarly ayant (comme toujours) des problèmes d’argent (Les sponsors n’existent pas encore). La grand voile à retailler, le pont à peindre avec une peinture antidérapante, un speedomètre (qui sert à mesurer la vitesse) à trouver... La liste est longue !

Le départ est donné. Tabarly envoie le spi, Chichester suit avec ses deux génois tangonnés. Le ton est donné ...

... Peu de temps avant l’arrivée, Pen duick est survolé par des avions puis une vedette s’approche. A son bord, le consul de France lui annonce qu’il est le premier et que le Général de Gaule a décidé de le faire Chevalier de la Légion d’Honneur. Une Légende est née !

Skipper Boat Nationality Class Time
Éric Tabarly Pen Duick II France Mono-44 27 days 03 hours 56 min
Francis Chichester Gipsy Moth III United Kingdom Mono-40 29 days 23 hours 57 min
Val Howells Akka United Kingdom Mono-35 32 days 18 hours 08 min
Alec Rose Lively Lady United Kingdom Mono-36 36 days 17 hours 30 min
Blondie Hasler Jester United Kingdom Mono-26 37 days 22 hours 05 min
Bill Howell Stardrift Australia Mono-30 38 days 03 hours 23 min
David Lewis Rehu Moana United Kingdom Cat-40 38 days 12 hours 04 min
Mike Ellison Ilala United Kingdom Mono-36 46 days 06 hours 26 min
Jean Lacombe Golif France Mono-22 46 days 07 hours 05 min
Bob Bunker Vanda Caelea United Kingdom Mono-25 49 days 18 hours 45 min
Mike Butterfield Misty Miller United Kingdom Cat-30 53 days 00 hours 05 min
Geoffrey Chaffey Ericht 2 United Kingdom Mono-31 60 days 11 hours 15 min
Derek Kelsall Folatre United Kingdom Tri-35 61 days 14 hours 04 min
Axel Penderson Marco Polo Denmark Mono-28 63 days 13 hours 30 min
Robin McCurdy Tammie Norie United Kingdom Mono-40 Retired

En 1962, Chichester avait refait la traversée (pour s’entrainer) en 33 jours. Il s’était fixé 30 jours : objectif atteint, il met 29 jours, 23 heures et 57 minutes ! Mais il arrive deux jours après Tabarly.

Le deuxième Français, Jean Lacombe, sur le plus petit bateau engagé, un Golif de 6,5 m, met près d’un mois de moins qu’en 1960 pour traverser !

David Lewis, sur le premier catamaran met une dizaine de jours de plus que Tabarly.

De nombreuses expériences seront tentées dans l’architecture des bateaux : multicoques, gréements divers.

Pour la première fois, certains concurrents disposent d’un émetteur récepteur radio pour communiquer leurs positions journalières à leurs sponsors. Tabarly a (et aura toujours) des difficultés avec ce type d’appareil.

Un seul partant a abandonné.

Route suivi par Éric Tabarly sur Pen Duick II

Vingt-sept jours, trois heures et cinquante-six minutes

A lire :


Tabarly. Victoire en solitaire Atlantique 1964 chez Arthaud.

Relire nos articles consacrés aux éditions de l’OSTAR :

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