LES TRANSATLANTIQUES DE TOUS LES EXPLOITS (1866-1905 )

En 1905, l’immense goélette trois-mâts Atlantic, à Wilson Marshall, réalisait le trajet en 12 jours, 4 heures, 1 minute et 19 secondes, parcourant une distance de 3013 miles à 10,32 nœuds de moyenne. Du fait même de son nom de baptême, Atlantic, ce record est resté une référence dans l’histoire du yachting mondial. Même si depuis, ce temps a été littéralement pulvérisé ! Pour les aficionados des bateaux classiques – et ceux qui vont courir la prochaine Panerai Transat Classique 2012 – cet exploit reste la référence.

Traverser l’Atlantique : un vieux rêve !

Si les marins ont toujours eu la fascination du grand large, nul ne peut dire qui fut le premier à traverser l’Atlantique. Un chef viking hirsute à bord de son redoutable drakkar ? L’indien caraïbe égaré sur sa pirogue, s’échouant sur les rivages du vieux continent, à la fin du Moyen Age ? Christophe Colomb, en 1494 ? Un chose est certaine : le premier yachtsman à avoir accompli l’exploit fut le fantasque américain George Crowninshield à bord de son brick armé à la plaisance : Cleopatra’s Barge lancé en 1816.

Il faudra attendre 1851 pour voir la goélette America accomplir la traversée et remporter, le 22 août de la même année, la Queen’s Cup. Une entrée royale dans la légende !

America 1851

Cleopatra’s Barge et George Crowninshield

George Crowninshield

George Crowninshield est probablement l’ancêtre des yachtmen américains. Il s’était fait construire un « hermaphrodite brig  » armé à la plaisance, de 83 pieds (25,29 m) de flottaison, qui fut peut-être le premier yacht jamais construit aux Etats-Unis à avoir traversé l’Atlantique dans les deux sens : Cleopatra’s Barge (1816). Le moins que l’on puisse dire, c’est que George était un original : la coque de son brick était reconnaissable entre toutes et, lorsque le voilier relâchait dans un port, il ne devait pas passer inaperçu.

En effet, ses flancs étaient décorés de bandes peintes sur tribord et de clinquant et d’émail sur bâbord. Peu après le lancement de Cleopatra, George fit route vers la Méditerranée pour chercher la princesse de son cœur. En vain ! Après une série d’aventures rocambolesques dans les ports italiens, il revint au pays où il décéda peu après, en 1817. Par la suite, Cleopatra’s Barge fut cédée au roi d’Hawaï, Kamechameha II et finit par s’abîmer sur les récifs hawaïens, en 1844.

Cleopatra’s Barge 1816

1866 : une première américaine, d’ouest en est

Un demi-siècle après la croisière de Cleopatra’s Barge, se tient la première course transatlantique de l’histoire de la plaisance : le mardi 11 décembre 1866, à 13 heures, par temps clair et vent frais de nord, trois goélettes battant pavillon américain, Fleetwing à George A. Osgood, Henrietta à James Gordon Bennett Junior et Vesta à Pierre Lorillard, s’élancent du bateau feu de Sandy Hook, au large de New York, direction les Needles à l’extrême pointe sud-ouest de l’île de Wight, en Angleterre.

Vesta 1866

Tout commence quelques semaines plus tôt, le soir du 27 octobre à New York, au cours d’un dîner copieux et surtout bien arrosé. George A. Osgood, financier aisé de la place et Pierre Lorillard, baron de l’industrie du tabac, tous deux membres du New York Yacht Club, se taquinent sur les qualités de leurs yachts respectifs. Une discussion qui n’étonnera guère les yachtsmen d’aujourd’hui.

Schooner Fleetwing

Après le café, la fine cognac aidant, les esprits s’échauffent : « Ma goélette Fleetwing est bien plus rapide que la tienne,  » clame Osgood. Et Lorillard de rugir : « Faux ! Avec sa dérive, Vesta foncera bien mieux au portant que ton lourd quillard. » A court d’arguments, les compères finissent par lancer un pari insensé : chacun décide de verser la somme de 30.000 dollars (350.000 dollars d’aujourd’hui environ) à celui qui remportera une course, transatlantique s’il vous plaît, entre New York et les Needles. Et, pour corser l’affaire, le départ sera donné en décembre, en plein hiver. Du jamais vu !

Henrietta

La nouvelle de ce match exceptionnel parvient aux oreilles du jeune James Gordon Bennett, 21 ans, propriétaire de la goélette Henrietta, son cadeau d’anniversaire pour ses seize ans. Quand on est le fils du très aisé fondateur du New York Herald Tribune, tout est possible. La charte-partie à trois est donc signée le 3 décembre.

Le yachting de course au 19ème siècle : les enjeux

Le pari en monnaie sonnante et trébuchante était alors à la base des courses de voiliers, que ce soit dans le milieu très populaires des sandbaggers – ces dériveurs surtoilés et lestés de sacs de sable que l’on changeait de bord à chaque virement – ou dans les cercles plus huppés de la côte Est où la taille des bateaux était plus imposante. Les enjeux pouvaient atteindre des sommes mirobolantes et les spectateurs eux-mêmes lançaient des paris sur l’issue de la course.Pour cette première transatlantique entre Osgood, Lorillard et Bennett, ce pari fit même l’objet d’un contrat en bonne et due forme que les trois compères paraphèrent le 3 décembre 1866. Ce texte complétait un premier document signé entre Lorillard et Osgood, le 27 octobre précédent.Que dit cet accord ? Il stipule qu’en course, tout est permis pour faire avancer le plus rapidement possible le bateau, sauf à larguer son lest mobile en cours de route (une pratique courante mais interdite sur les sandbaggers). Par ailleurs, pour éviter toute contestation, une liste des voiles permises est établie. Sont précisés : la date, l’heure et les lieux de départ et d’arrivée. Pour corser la régate, il est interdit d’embarquer un pilote anglais ou connaissant la Manche. Seul le talent du skipper fera la différence. Chaque propriétaire pourra embarquer un juge arbitre de son choix et, en cas de désaccord, deux autres juges pourront être choisis par chacun des concurrents (ce sera le cas). Enfin, nerf de la guerre, l’argent : 20% de la somme pariée devra être déposé à la signature, le solde étant versé le premier mardi de décembre, selon la règle du « play or pay.  » Ce sera le lendemain de la signature de la fameuse convention.

Huit jours plus tard, à l’heure dite, la course prend son essor. Les trois voiliers sont menés par des équipages de marins professionnels. A bord d’Henrietta, on retrouve le jeune Bennett, seul propriétaire à participer à l’aventure. Il est assisté de son Captain Samuel Samuels. Pris par ses affaires, Pierre Lorillard s’est fait représenter par son frère George, assisté par le Captain George Dayton, le skipper de Vesta. Osgood est resté à terre. Il préfère confier le destin de Fleetwing à son fidèle Captain, M. Thomas.

Ocean race start 1866
Gordon Bennett

Treize jours, 21 heures et 45 minutes plus tard, après avoir parcouru sur le même bord 3.106 miles à la vitesse moyenne de 9,31 nœuds (meilleur performance en 24 heures : 280 miles), Henrietta passe le phare des Needles, terme de cette toute première « Transatlantic Race.  » James Gordon Bennett empoche les 90.000 dollars et s’adjuge les honneurs.

Certes, la victoire d’Henrietta a été obtenue grâce à la combinaison de circonstances fortuites, dont une mauvaise option de route du capitaine de Vesta, à quelques encablures de l’arrivée (cela lui coûtera la victoire et la seconde place) et le drame subi par Fleetwing après huit jours de course : en pleine nuit, la goélette d’Osgood a été prise dans une terrible tempête. Une vague, plus violente que les autres, inonde le pont emportant avec elle huit hommes. Seuls deux marins seront ramenés à bord sains et saufs... Malgré le retard accumulé, Fleetwing arrivera 8 heures après Henrietta et ne devancera Vesta que de quarante petites minutes.

1870 : la première transat internationale, d’est en ouest

Quatre ans passent. La première course transatlantique internationale en équipage va se dérouler entre Cork, en Irlande, et New York. Fin 1869, l’Anglais James Ashbury vient de lancer le premier défi de l’America’s Cup avec sa goélette Cambria. Au moment de se rendre aux Etats-Unis, Ashbury lance un défi à James Gordon Bennett.

James Ashbury

Depuis sa victoire en 1866, celui-ci est désormais le patron du New York Herald et vice-commodore du New York Yacht Club. Et s’il est en Angleterre avec sa nouvelle goélette Dauntless, c’est pour y disputer la saison de régates. Pourtant, il relève le gant, d’autant que l’enjeu est une coupe d’une valeur de 15.000 dollars, offerte par Ashbury.

Dauntless 1870

Le départ est donné à Daunt’s Rock, ce point rocheux au large de Cork, le 4 juillet 1870. Aux yeux de tous, Dauntless apparaît comme le plus rapide des deux voiliers. Il faut dire qu’il est mené par une équipe de cracks : l’excellent patron pilote de Sandy Hook, Martin Lyons assisté du Captain Samuel Samuels, le skipper d’Henrietta en 1866, et de « Old Dic » Brown, le rusé Captain d’America, vainqueur à Cowes en 1851. Pourtant, ce sera Cambria qui va doubler la première le bateau-feu de Sandy Hook, le 27 juillet. Suivant la route nord, la goélette anglaise a parcouru 2917 miles en 23 jours, 5 heures et 17 minutes, devançant le malheureux Dauntless – deux marins ont été perdus en mer, emportés par la mer au cours d’un coup de vent – d’une petite heure et 43 minutes.

Cambria 1870

Champagne pour tout le monde

Rufus Bush Coronet owner

Il n’y aura plus de course océanique jusqu’en 1887. Cette année-là, le tycoon Rufus T. Bush – homme d’affaires et patron de raffineries de pétrole – (un lointain aïeul des Bush père et fils, présidents des Etats-Unis), lance un pari de 10.000 dollars à qui battra sa nouvelle goélette, Coronet, à l’issue d’une transat entre Cork et New York. Caldwell H. Colt, le fils de l’inventeur du célèbre revolver qui porte son nom, accepte immédiatement le défi en engageant le vieux Dauntless qu’il a acquis six ans auparavant. A l’inverse du propriétaire de Coronet qui va courir par délégation, ou même de son prédécesseur Gordon Bennett qui était monté à bord de Dauntless pour la gloire et les paris en jeu, Colt va mener lui-même sa goélette car, en véritable amateur qu’il est, il tient d’abord à y passer du bon temps.

Equipage coronet
Colt Samuel

Et pendant leur course contre Coronet, les hommes de Dauntless vont savoir ce que c’est que passer du bon temps !

Départ Coronet

Après quelques jours de navigation, le réservoir d’eau potable se perce, ce qui va « forcer » l’équipage à se désaltérer au champagne, le maître du bord n’hésitant pas à taper généreusement dans ses réserves pendant la dernière partie du voyage. Cela n’empêchera pas ces valeureux sommeliers de souquer Dauntless à la dure, hélas, pas suffisamment pour voler la victoire à Coronet qui, après 14 jours, 19 heures et 3 minutes, pulvérise le temps réalisé 17 ans plus tôt par Cambria. Pourtant, il ne devance son vénérable concurrent que de 30 heures seulement.

Dauntless

1905 : le légendaire record d’Atlantic

Epris de yachting, autant par passion que par souci de former à travers ce sport la future élite de la marine germanique, le Kaiser Guillaume II lance, en 1905, un défi qui attire l’intérêt de nombreux yachtsmen : une coupe en or massif d’une valeur de 5.000 dollars sera offerte à celui qui battra son yacht impérial, Hamburg. La formule est un succès puisque, outre un empereur germain, deux lords britanniques et huit milliardaires américains engagent leur champion dans cette course qui restera mémorable à plus d’un titre.

W Gardner Architecte d’Atalntic

Fait notable : les onze bateaux achèveront le parcours de 2.925 miles qui sépare New York du cap Lizard, à la pointe sud-ouest de la Cornouaille. Pourtant rien ne leur sera épargné : ni la pression médiatique, ni les tensions qui précèdent une régate à grande échelle où se mélange sport et politique, ni les coups de vent, ni même les icebergs.

Mieux ! A l’issue de cette folle équipée dont le départ a été donné le 17 mai 1905, la goélette trois-mâts Atlantic (Plan de William Gardner, 1903), à Wilson Marshall, menée par le célébrissime skipper Charlie Barr – il a défendu avec succès et à trois reprises l’America’s Cup – établira un record de la traversée en 12 jours, 4 heures, 1 minute et 19 secondes à plus de 10 nœuds de moyenne.

Reste que, pour mener sa goélette à la victoire, Barr a du se battre, non seulement contre les éléments – les coups de vent de sud-ouest se sont succédé à un rythme infernal sur la route nord – mais également s’imposer à son armateur Wilson Marshall qui, pour l’occasion, n’a pas hésité à venir à bord avec quelques invités de marque.

Embauché pour remporter la victoire

Au plus fort d’une tempête, Charlie, qui n’a pas quitté la barre depuis près de 48 heures – il s’y est attaché en compagnie de son second pour ne pas être emporté par les flots déchainés – voit le capot de la descente s’entrouvrir, laissant apparaître le visage hagard et livide de Marshall Wilson. Accroché aux rebords de l’ouverture, stupéfait par la gîte à 45°, voire plus dans les rafales, de son immense bateau, secoué par une mer en furie dont les vagues se brisent avec violence sur l’étrave, aveuglé par les embruns qui se dispersent sur le pont, on imagine aisément les pensées de Marshall. D’autant que 4 mètres 50 en contrebas, il peut voir la lisse de son trois-mâts immergée en permanence, laissant parfois monter l’eau très près du cockpit. Et, pour parachever ce tableau d’apocalypse, il y a ce tintamarre assourdissant de l’eau qui heurte la carène, du vent qui hurle dans les haubans et du claquement incessant des voiles. La plaisance a tout simplement quitté le bord d’Atlantic !

Charlie Barr

Un instant pris de court par ce spectacle dantesque, Wilson reprend ses esprits et le cours de ses pensées. Il hurle en direction de son skipper de renoncer à ce bord de près infernal et exige qu’il laisse porter pour donner un peu de confort à ses passagers. La réponse de Barr est sans appel : « Vous m’avez embauché pour remporter la victoire,  » hurle-t-il à l’adresse de son armateur médusé, « et c’est ce que j’ai l’intention de faire.  » La cadence infernale se poursuivra donc.

La meilleure poignée d’atouts qui soit

Ainsi, entre le 23 et le 24 mai 1905, Atlantic parcourt en 24 heures la distance de 348 miles, soit 14,5 nœuds de moyenne, un exploit qui restera longtemps une référence. L’entêtement de Charlie est payant puisque, après l’enfer, la victoire est au rendez-vous. Il faudra patienter trois quarts de siècle jusqu’à ce qu’un trimaran à foils, le Paul Ricard mené par Eric Tabarly, fasse mieux et réalise, sur la distance, le temps de 10 jours, 5 heures, 14 minutes et 20 secondes.

Atlantic

Interrogé peu de temps après son arrivée sur ce qu’il pensait d’Atlantic, le Captain Barr répondit, laconique, en soufflant avec délice la fumée d’un cigare bien mérité : « J’ai disposé du meilleur bateau de la flotte, ensuite nous avons eu d’excellentes brises, très favorables, enfin l’équipage a œuvré avec noblesse ; vous ne pouvez pas imaginer meilleure poignée d’atouts.  »

Empereur, certes ! mais un sacré filou

Marshall Wilson se verra donc remettre la coupe en or massif tant convoitée. Le plus étonnant de cette histoire, est ce qu’il advint de la fameuse coupe. Lorsque les Etats-Unis entrent en guerre, en avril 1917, Wilson voit, avec tristesse, son fils unique partir en Europe pour y devenir pilote de chasse. Un an plus tard, le jeune homme se tue lors d’un atterrissage.

Kaiser 1906
Kaiser Cup 1905

Peu de temps après cette tragique disparition, Marshall Wilson décide de se défaire de la coupe que lui avait remis en 1905 après la victoire d’Atlantic, l’ennemi d’aujourd’hui, le Kaiser Guillaume II. Le trophée sera donc vendu aux enchères et les revenus de la vente remis à la Croix-Rouge. Et, pour rendre son geste encore plus spectaculaire, Wilson Marshall annonce qu’il brisera l’objet avec un marteau, devant un public qui aura, au préalable, payé 5 dollars pour assister au spectacle..., la recette étant également intégralement reversée à la Croix-Rouge.

L’événement eut lieu au Metropolitan Opera de New York, en présence du Président Woodrow Wilson. Comme prévu, d’un violent coup de pic, Wilson brisa l’objet précieux devant les spectateurs médusé : elle n’était qu’en étain, recouverte d’une fine couche d’or...

Les vainqueurs – spécifications –

1866 : HENRIETTA, lancée en 1861, goélette à quille en bois, conçue et construite par Henry Steers (le neveu de George Steers) à Greenpoint. Longueur HT : 28,04 m. Flottaison : 25,60 m. Bau : 6,70 m. Tirant d’eau : 3,35 m. Premier propriétaire : James Gordon Bennett. Captain : Samuel Samuels. Port d’enregistrement : New York.

1870 : CAMBRIA, lancée en 1868, goélette à quille en bois, conçue et construite par Michael Ratsey, à Cowes, île de Wight. Longueur HT : 34,42 m. Flottaison : 30,30 m. Bau : 6,45 m. Tirant d’eau : 3,72 m. Déplacement : 227,6 tonnes. Surface de voilure : 857 m2. Premier propriétaire : James Ashbury. Captain : J. Tannock.

1887 : CORONET, lancée en 1887, goélette à quille en bois, dessinée par William Townsend et construite par C. & R. Poillon, à Broklyn. Longueur HT : 40 m. Flottaison : 38,1 m.Bau : 8,22 m. Tirant d’eau : 3,79 m. Premier propriétaire : Rufus T. Bush. Cette goélette est en cours de restauration à San Francisco.

1905 : ATLANTIC, lancé en 1903, goélette trois-mâts à moteur auxiliaire à gréement aurique, dessinée par William Gardner du cabinet Gardner & Cox, construite en acier par le chantier Townsends, Downey S.B. Co, de Shooter’s Island. Longueur HT : 69,24 m. Flottaison : 42 m. Bau : 8,85 m. Tirant d’eau : 5 m. Déplacement : 303 tonnes. Surface de voilure au portant : 722 m2. Premier propriétaire : Wilson Marshall. Port d’enregistrement : Bridgeport, USA. Epave détruite le 30 janvier 1982 à Newport Harbour, Virginie

©Jacques Taglang « Pour l’Atlantic Yacht Club – Juin 2012 »

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