BREST CLASSIC WEEK

Une première édition du Tonnerre de … Brest Classique Week

Une météo de rêve, une organisation impeccable, un plateau fourni de 40 voiliers : la première semaine de Brest Classique s’est d’emblée inscrite dans la durée. Prochain rendez-vous en 2012.

Fallait-il dire la vérité ? Au début de ce mois de juillet, le scrupule a taraudé plus d’un Brestois. Six jours consécutifs, leur rade a pris des allures de lac. Un anticyclone s’était accroché à l’hameçon du Finistère, déversant dans le Goulet une délicieuse brise thermique. Le ciel et la mer avaient revêtu un uniforme bleu turquoise. Or pour bon nombre de participants à la Brest Classique Week, leur escale dans le port d’attache de « La Jeanne » était une première. Ils n’étaient pas supposés savoir qu’assez régulèrement, la couleur dominante en pareils lieux est précisément celle du navire école en voie de désarmement : c’est à dire un camaïeu de noir anthracite et de gris délavé. L’honnêteté aurait sûrement commandé de préciser ce détail. Mais pourquoi briser un moment de pur bonheur ?

Puisque ces hôtes étaient persuadés qu’il en est toujours ainsi dans le port du Ponant, ce n’était pas un grand mensonge que de les maintenir dans leur croyance.
De même, parmi les flâneurs qui arpentaient les quais, sans doute à la recherche d’évocations de Prévert ou de Mac Orlan, plus d’un visiteur a dû se dire que ça se passe toujours comme ça, au port du Château, chaque fois que la ville accueille un rassemblement de voiliers classiques. Sauf que la marina n’a pas deux ans d’âge et que l’événement était une première ! Mais c’est ainsi que l’on reconnaît les inventions bien nées : elles donnent l’impression d’avoir toujours existé.

Ainsi le port : avec en arrière-plan les fortifications pluri centenaires de la préfecture maritime, les nouveaux pontons de Brest bénéficient d’une patine immédiate. D’autant que l’endroit peut compter sur la proximité de l’Abeille Bourbon. Entre deux missions de sauvetage, le grand remorqueur est fidèle à son poste quai Malbert. Et puis, à deux enjambées, le chantier du Guip est toujours en gestation d’une merveille de restauration. Souvent aussi, la goélette « La Recouvrance » vient s’amarrer, entre deux missions d’ambassadrice de la ville. Sans oublier un ou deux 60 pieds du Vendée Globe, à l’exemple de Brit Air ou de Cheminées Poujoulat. Tous ces éléments ajoutent au décor une atmosphère laborieuse et animée. Si bien qu’à peine inaugurés, ces lieux ont une âme.

Cependant, il manquait à cette marina néoclassique un certificat de baptême à l’ancienne. En confiant la cérémonie à Loïc Blanken et à François Séruzier, la municipalité brestoise a trouvé les bons officiants. Les deux compères ont apporté leur savoir faire et leur carnet de précieux contacts, glanés des deux côtés de la Manche.

Résultat : un faux air de départ de la Transat classique Lagassée, comme à Douarnenez en 2008, avec une parade quotidienne de près de quarante coques fleurant bon les courses du RORC. Quand en fin d’après midi, le grand pavois était hissé dans les mâtures de ces voiliers portant la griffe John Illingworth, Laurent Giles ou Dick Carter, une drôle de sensation s’emparait du nostalgique des revues nautiques des années 70. L’observateur avait l’impression de plonger dans une photo de Keith Beken ou de Christian Février. Au milieu des coques blanches et des roufs vernis, la présence de deux Pen Duick bien noirs (le II et le III) renforçait ce sentiment de revivre une scène déjà gravée dans les cerveaux.

A plus forte raison quand la déambulation sur les pontons conduisait à croiser Michel Vanek, figure ô combien emblématique de cette époque. Le marin compte dix sept traversées de l‘Atlantique et trois tours du monde à son compteur personnel de miles. En ce temps-là, notre homme embarquait tantôt avec Tabarly, tantôt avec son beau-père André Viant, sur le Tina « Esprit de Rueil ». Cette fois, il naviguait, comme il se doit, sur un autre Tina, série que son père avait longtemps importée.

En l’occurrence, il s’agissait de « Bilou Belle ». Cette élégante carène large, surmontée d’un rouf long, avait longtemps appartenu à un as de l’aviation, formateur des pilotes de Concorde. Elle a été reprise par Jean-Jacques Ollu, qui depuis, l’entretient dans une fidélité absolue à l’esprit de son premier propriétaire... Enfin, le comble de la réminiscence était atteint lorsque se dessinait la silhouette d’ Olivier de Kersauzon, tout récemment nommé ambassadeur de la ville en prévision des festivités de Brest 2012.

Pas de doute, ces retrouvailles agissent sur les bateaux et les équipages comme une cure de jouvence. Les vertus revigorantes des rassemblements de voiliers de tradition ne seront jamais assez soulignées. Le rendez-vous de la Belle Plaisance à Bénodet, la Semaine du Golfe, dans le Morbihan et maintenant, la semaine de Brest, ne se contentent pas de procurer une satisfaction rétinienne aux spectateurs. Elles créent un plaisir collectif chez les propriétaires et les armateurs, dans lequel ils puisent à la fois de l’énergie et de la fierté. Deux gratifications qui leur seront ensuite bien utiles pour continuer l’œuvre qu’ils ont entreprise, souvent au prix de grands moments de solitude.

L’exemple de Gilles Michel est éloquent à cet égard. A l’orée de sa petite soixantaine, ce marin né en Picardie est devenu propriétaire de Lady Mone, un plan Cornu de 11 mètres aux formes harmonieuses, construit en 1961 aux chantiers Vandernotte, près de Nantes. Son métier d’expert comptable l’avait pourtant rendu familier de la froide rigueur des chiffres. Mais dès qu’il s’agit de son bateau, il ne parle plus en euros mais en parties du corps. Pour refaire les vernis de l’aménagement intérieur, il a embauché un artisan pendant treize mois. « Cela m’a coûté un bras », avoue-t-il. Sûrement pas raisonnable, mais pour son voilier, rien n’est trop beau. Et de confesser : « ma femme et mes enfants ne veulent plus savoir combien d’argent de la maison y passe ».

Le découragement a pourtant été proche, l’été dernier, lorsque, au large de Barcelone, le voilier a perdu son gouvernail. La vedette appelée pour un simple remorquage s’est révélée plus dangereuse que bienfaisante. Lors de sa manœuvre d’accostage, elle a plié quatre chandeliers, puis arraché le liston sur toute la moitié tribord. En arrivant au port, Lady Mone était déjà en bien piteux état ? Mais lorsqu’elle fut placée dans une sorte de cale de radoub individualisée, elle n’était pas encore à la fin de ses malheurs. Au petit matin, la flottille des bateaux de pêche partant en mer a provoqué un remous qui, à l’échelle du corset qui enserrait la coque endolorie, s’est comporté comme un tsunami. Le bateau s’est soulevé à la verticale, s’émancipant des aussières qui avaient été tendues exprès pour le retenir. Ce fut un massacre. Il a fallu un mois de travail à un chantier local, et une facture épicée pour le propriétaire, avant que les cicatrices ne soient effacées. Mais à quelque chose, malheur est bon. Le retard dans le programme de navigation a permis à Lady Mone de se trouver dans les parages de Saint Tropez à l’automne dernier. Gilles Michel a donc pu aligner son Cornu aux « Voiles ». Une première réconciliation avec la plaisance en bois a ainsi pu s’opérer. Puis, après un hivernage à prix raisonnable dans la cité du Bailli de Suffren et un convoyage sans histoire par camion, l’histoire d’amour est repartie à Brest, fortifiée par l’ambiance et par l’accueil de l’organisation.

« L’un des grands bonheurs de ces régates, c’est de partager sa passion avec des personnes de tous horizons », explique Gilles. Au cours de la semaine, il a ainsi embarqué à son bord un trader, en mal de grand air après de si longs mois confiné dans une salle de marchés. Il a aussi accueilli un capitaine de navire d’approvisionnement de plates-formes pétrolières. Et aussi un ancien élève de l’Ecole navale qui n’avait pas revu le site de Lanveoc-Poulmic, enfoui au fond de la rade, depuis presque cinquante ans. Tous ces gens étaient des inconnus la veille. Ils sont devenus des amis à vie après une journée de manœuvres et de départs de régates négociés au cordeau.

Parmi les équipiers d’un jour, bon nombre de skippers ont embarqué des jeunes Brestois formés à l’école de la voile légère. De l’aveu de ces représentants de la génération de la relève, ces derniers ont découvert une ambiance de chaleur et d’amitié qui leur était jusque là inconnue sur les plans d’eau qu’ils fréquentent habituellement. C’est qu’il en va des voiliers comme des êtres humains. L’élégance est d’abord morale. Le plus beau costume, comme la plus réussie des restaurations ne rendront rien si un élan de générosité ne les accompagne pas. En tout cas, à Brest, en juillet dernier, le cœur y était.

Dans cette ville magnifiée par tant d’écrivains, un sabir spécifique circule entre les deux rives de la rivière Penfeld. Celle-ci traverse la cité, à la manière de la Seine qui confronte à Paris les tenants de la rive droite et les zélateurs de la rive gauche. Parmi le florilège d’expressions, il en est une qui fédère les « tizefs » (côté Recouvrance, ou rive gauche) et les « yanniks » (versant Saint Marc, ou rive droite) , c’est : « joli comme à Brest ». Le jour est proche où l’on dira : « joli comme à la Brest Classique Week ». Les pères fondateurs de la manifestation auront alors touché leur salaire.

L’entrée fracassante de Bim Bam

Lorsqu’il est allé à la gare de Brest accueillir son invitée, cette dernière l’a félicité : « c’est bien. Ton grand père n’a pas eu le temps, tu es venu à sa place ! » -« euh ! non » -« Ah ! c’est ton père, alors » -« non, c’est moi ». A 26 ans, Stéphane Lainez est charpentier naval au chantier du Guip depuis déjà un petit bail. Ces trois dernières années, tout son temps libre et ses économies se sont convertis en bordés remis à neuf d’un plan Sergent du début des années soixante. En mai dernier, le jour de la mise à l’eau approchait. Le jeune compagnon tenait à convier la veuve de l’architecte. Malgré ses 80 ans largement dépassés, elle a volontiers accepté de faire le voyage en train. Mais quand elle a enfin mis un visage sur l’auteur du courrier, elle n’a jamais voulu croire que ce petit prince aux cheveux blonds et bouclés comme des copeaux soit l’instigateur de cette formidable entreprise.

Le couple improbable de la vieille dame et du jeune homme a donc emprunté bras dessus bras dessous la rampe d’accès qui mène de la gare au port du Château. Levant les yeux pour découvrir, suspendue à une grue, la rutilante coque rouge bordeaux, la veuve de l’architecte s’est exclamée : « mon mari n’aurait jamais vu un aussi beau Sergent ». C’est vrai que Stéphane en aura mis du cœur et des heures carrées. Le soir, Yann Mauffret, le patron du chantier, lui laissait les clés et les outils. Et sans discontinuer, l’arpète sur le chemin de la maîtrise a redonné vie à une coque dont le destin aurait voulu qu’elle finisse abandonnée.

Son ancien propriétaire avait en effet connu à son bord une fin tragique. Sa famille ne voulait plus entendre parler de ce bateau maudit qui agonisait donc au fond d’une vasière. Mais la sève de la vie a été la plus forte. La proposition du charpentier de redonner force et vigueur au voilier a eu l’heur de plaire. Bim Bam –car c’était déjà son nom- allait pouvoir renaître.
Sa première existence avait commencé en…Dordogne, où un ancien cap hornier avait décidé de passer sa retraite. Mais l’homme pouvait peut être se passer des océans, il ne pouvait pas vivre loin des bateaux. Il créa donc un chantier naval et ce plan Sergent fut sa première, voire sa dernière, création. En tout cas, pour un coup d’essai, il ne fut pas mal inspiré. Car, rappelle Stéphane, « quand mon patron l’a examiné, il m’a dit tout de suite qu’il avait été bien construit ».

Restait à découvrir ses qualités sur l’eau. Alors là, respect : première participation, première victoire au classement général ! « Mais il marche comme un avion » ont dû convenir les concurrents de sa classe, lors de la Classic Week. Mais s’il n’y avait eu que la vitesse ! Les options tactiques ont aussi été plutôt bien inspirées. Il faut dire que l’équipage pratique le dériveur à haut niveau. Et son terrain d’entraînement n’est autre que cette rade de Brest dont aucun membre embarqué n’ignore plus aucune veine de courant.

Après ce panégyrique, il conviendrait de conclure en prédisant qu’il faudra compter avec Bim Bam à l’avenir sur tous les plans d’eaux de l’Atlantique. Mais une telle chute serait trop convenue. La réalité est bien plus romanesque. Il se trouve que Stéphane est aussi chef de famille. Sa compagne, après s’être consacrée à leur premier enfant, va poursuivre ses études de médecine…en Allemagne ! Du coup, notre charpentier brestois va chercher à se faire embaucher dans un chantier de Kiel ou de quelque autre localité dans la Baltique. Quant au logement, il est déjà tout trouvé. Ce sera Bim Bam. Le couple a mis l’été à profit pour le convoyer !

Pazienza remporte le prix Série limitée

Avec Ajaccio, Marseille, Noirmoutier, Cannes et Saint Tropez, Brest avait été retenue parmi les six épreuves destinées à élire le prix Série Limitée du Yacht de tradition de l’année, dont Yachting Classique est partenaire. A chaque rassemblement, un jury local sélectionne trois voiliers, dans les catégories moins de quinze mètres, de quinze à vingt trois mètres et plus de vingt trois mètres. Un vainqueur local est ensuite désigné parmi ce tiercé. Il se voit décerner une plaque de bronze sculptée par le joaillier de Saint Tropez Heraklea. Cependant, tous les bateaux nominés, comme on dit à la Cérémonie des Césars, conservent leurs chances pour le prix final du Yacht de tradition de l’année, qui sera décerné le 3 décembre lors d’une soirée spéciale organisée à l’occasion de l’ouverture du salon nautique à Paris, porte de Versailles.

A Brest, le jury local était composé d’un constructeur naval, Hubert Stagnol ; d’un broker, organisateur de courses, Loïc Blanken ; du rédacteur en chef du Chasse-Marée, Gwendal Jaffry ; d’un coureur au large émérite, Michel Vanek ; d’une navigatrice, Anne Liardet, et d’un représentant des Echos Série Limitée, François Le Brun.

Leur tâche ne fut pas aisée, car s’il n’y avait pas de voilier de plus de vingt trois mètres, à la différence des rassemblements de Méditerranée, la flottille des moins de quinze mètres était en revanche sur abondante et en même temps très disparate. Le petit côtre anglais de dix mètres Dorothy, construit en 1894, concourait avec Stiren, le ketch Stephens de 1965, mené par Gildas Rostain. A quinze centimètres près, cette silhouette majestueuse aurait pu figurer parmi les plus de 15 mètres.

Après avoir pris en compte les critères de qualité de restauration, d’élégance, de fair play de l’équipage et plus généralement d’éthique navale, deux noms se sont détachés : chez les grands, ce fut Pazienza, superbe plan Giles de 18 mètres, construit en 1957. Parmi les multiples raisons de ce choix, la classe de l’équipage en polo bleu ciel, la perfection des manœuvres, les vernis toujours impeccables, le palmarès copieux et la longue histoire du bateau. L’un de ses précédents propriétaires ne fut-il pas Peter Townsend, le guitariste des Who, tandis que l’actuel, Richard Haycock, n’est autre que le Commodore du yacht Club de l’Atlantic. Dans la catégorie des « petits » de moins de quinze mètres, Bim Bam, décidément la révélation de cette première édition, fut le lauréat.

Classement général
Classe A :
_1. DIONE (EVEN Stéphane)
_2. STIREN (ROSTAIN Gildas)
_3. OLBIA (CHALANDRE Christian)
_4. BILOU BELLE (OLLU Jean Jacques)
_5. ORANA (DU ROTOIS Hervé)

Classe B :
_1. BIM BAM (LAINEZ Stéphane)
_2. CARIACOU (JENNINGS Andrew)
_3. DOROTHY (ROWELL Lance)
_4. MIRELLA (YVON Nicolas)
_5. LADY MONE (MICHEL Gilles)

Promenade littéraire dans un jardin nautique de 150 kilomètres carrés

Qui le sait ? Peut-être pas les habitants eux- mêmes qui lui tournent si souvent le dos. Pourtant, la rade de Brest est une des plus grandes au monde. Un goulet large de 1,8 kilomètre assure la fonction de sas avec la mer d’Iroise. De nombreux plaisanciers connaissent bien le chenal du Four, ou l’escale du Conquet, voire celle des Abers, où ils reprennent leur souffle, avant d’allonger la foulée vers Douarnenez ou Bénodet. Mais bien plus rares sont les marins qui se donnent la peine d’entrer. Du moins les Français !
Car les Anglais, eux, n’hésitent pas. Ils ne cachent pas leur bonheur de s’insinuer profondément dans la rivière de l’Aulne. A Landévennec notamment, là où au pied d’un monastère, la marine nationale offre une sépulture à ses navires désaffectés.

Entrer dans la rade, c’est se glisser dans le décor des aventures de Yann de Kermeur, alias L’épervier, le héros de la bande dessinée vendue à plus de 600 000 exemplaires. L’auteur, Patrice Pellerin (un Brestois authentique), a restitué avec force précisions les fortifications encore visibles à la Pointe des Espagnols, à l’entrée sud du goulet. Il a aussi répliqué à la perfection la tour Vauban qui marque l’entrée de Camaret.

Ensuite, pénétrer dans le port , en particulier dans la nouvelle marina du Château, c’est inviter à son bord Châteaubriand, Flaubert, Pierre Mac Orlan et Michel Mohrt. Tous ont écrit des pages passionnées sur la ville. De même, le malheureux Bernard Giraudeau avait renoué avec la cité de sa jeunesse, lui qui était entré à quinze ans à l’école des mousses. Mais s’il ne faut citer qu’un défenseur de cette cité parfois jugée ingrate, ce sera Jules Romains : « il suinte , dans la plus tranquille des rues, des marins, des voyous et des ivrognes. Et quelle rade ! Je l’ai, toute, sous ma fenêtre. » Et de conclure dans une missive à un ami : « Brest est une ville passionnante. Je me suis mis en contact avec les milieux les plus divers. Tu ne peux pas te figurer combien je traverse de groupes et de mondes hétéroclites en une semaine. C’est très rigolo. Je ne m’ennuie pas du tout ». L’année où il écrit ces lignes, en 1910, il achève la rédaction d’un manuscrit dont le titre définitif sonne comme un manifeste. Ce sera « Les Copains ».

François Le Brun

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