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LES LIENS EUROPE - ETATS-UNIS DE LA PTC

lundi 7 juillet 2014

Les défis transatlantiques, de la Panerai Transat Classique aux liens Europe - Etats-Unis
07-07-2014

Lors d’une soirée organisée par Officine Panerai et European Excellence Network*, dans les salons du Yacht Club de France, des personnalités d’horizon différents ont débattu sur le thème des « défis transatlantiques : de la Panerai Transat Classique aux liens Europe - Etats-Unis ». Mots choisis.

Mélanger des marins et des chefs d’entreprise, certains ayant les deux casquettes, peut sembler incongru. Mais, comme l’a indiqué dans son préambule Christian Malard, journaliste et modérateur du débat, le chef d’entreprise doit, comme le navigateur, savoir où il veut mener son équipage pour réussir. Et lorsque l’on parle d’Atlantique, la vision doit être claire. Pour l’Amiral Yves Lagane, Président du Yacht Club de France, « cet océan est comme une mer intérieure entre l’Europe et les Etats-Unis et il est essentiel de préserver les relations entre ces deux rives ».

Pour Eric Bellion, navigateur et « skipper de la diversité humaine », une transat, « c’est partir à la voile d’un port français et aller voir de l’autre côté, y découvrir des différences, la première étant de voir le système des bouées vertes et rouges inversées. » Mais la différence, pour ce marin qui a mené de nombreuses opérations avec des adultes atteints d’infirmité motrice cérébrale (IMC), est source d’innovation. « Il faut utiliser la contrainte du handicap pour être innovant. Comme en entreprise, sur un bateau, il y a une difficulté à vivre ensemble, à travailler ensemble, mais sur la mer, on ne triche pas : il faut résoudre tous les problèmes. Ce qui est fondamental, c’est l’adhésion au projet et l’engagement de chacun. »

Et ça marche. « Lors d’un Fastnet, parmi 16 équipages de professionnels, nous avons fini 8e. Quand ils ont vu descendre du bateau un aveugle, une chaise roulante, des vieux, des filles, ils n’en revenaient pas. Et en plus, on avait tous le sourire et l’on s’est jeté à l’eau ! » A ces propos, Olivier Pécoux, Président de l’Atlantic Yacht Club et CEO du Groupe Rothschild, acquiesce et ajoute : « En mer il n’y a pas de place pour les tempéraments individualistes et c’est encore plus vrai pendant une course au large ; ce sont les 3 x 8 pour que le bateau soit au maximum de son potentiel en permanence. Ce qu’un équipier ne fait pas, c’est un autre qui devra le faire. La négligence d’un équipier peut créer une situation de crise pour l‘ensemble de l’équipage. Il faut aussi beaucoup de volonté, du courage parfois, de la détermination et de l’endurance. On apprend à connaître sa limite au plan psychologique et physique. »
Après avoir admis le rôle diplomatique, de tout temps essentiel, de la marine dans ses dimensions militaires et commerciales, Anne-Marie Descôtes, Directrice Générale de la Mondialisation, du Développement et des Partenariats au Ministère des Affaires Etrangères, confirme qu’il faut tirer parti des différences « pour trouver, avec les Etats-Unis, les conditions d’un développement durable – les Anglo-saxons disent soutenable - au travers de l’Atlantique. Les relations transatlantiques sont essentielles et il faut les relancer par le commerce en améliorant les conditions des échanges. » Mais de reconnaître que la situation actuelle est compliquée. « Les négociations sont difficiles, mais l’accord bilatéral signé en 2013 entre l’Union Européenne et les USA est porteur d’espoir. Les calendriers électoraux, de part et d’autre, ralentissent les discussions, mais il faut se parler au quotidien tant la relation USA - UE est fondamentale. »

Pour Benjamin Haddad, chercheur à l’Hudson Institute, d’autres obstacles apparaissent dans ces relations : « Les Etats-Unis sont aujourd’hui concentrés sur leur politique intérieure. La capacité de puissance extérieure d’un pays est liée à sa santé intérieure. De plus, les priorités des USA se déplacent de plus en plus de l’Atlantique vers le Pacifique. »

En tant qu’ancien Commandant de sous-marin nucléaire lanceur d’engin (SNLE), l’Amiral Lagane ne peut qu’abonder dans le sens de l’importance de la marine dans les relations internationales. « Le nucléaire et la mer sont des éléments de la diplomatie de puissance, ce que l’on appelle la dissuasion. 80 % des échanges de marchandises se font par la mer et la France a la chance d’être présente sur trois océans. » Mais en temps que marin, il voit surtout la mer comme une école de vie et de management. « Comme un chef d’entreprise, le marin doit se fixer un objectif, connaître les obstacles qui peuvent se présenter et s’engager sans retenu. Il doit être autonome, apprendre à se débrouiller seul, mais aussi être capable de respecter un contrôle extérieur. » Pour conclure, il ajoute : « C’est un joli mélange de passion et de raison. »

* « European Excellence Network est un réseau pour la promotion d’une vision positive de l’Europe reposant sur trois valeurs essentielles : Qualité, Intégrité, Héritage. Ce réseau soutient des entreprises dont les projets sont porteurs des valeurs de l’Excellence européenne. » Gabriella Lazzoni, présidente de European Excellence Network.

Transatlantic challenges : the Panerai Transat Classique and creating links between Europe and the USA
2014-07-11

An evening organized by Officine Panerai and the European Excellence Network* at the exclusive Yacht Club de France, saw leading figures from varied backgrounds debate on the theme “Transatlantic challenges : the Panerai Transat Classique and creating links between Europe and the USA.” Here’s what they had to say.

Bringing together sailors and business leaders could, at first glance, be considered a mismatch but as journalist and chairman for the debate Christian Malard pointed out in his opening speech, a business leader, just like a master mariner, must know where he is leading his crew if he is to achieve success. And when it comes to an Atlantic crossing, he must have a very clear view of what is required of him. For Admiral Yves Lagane, chairman of Yacht Club de France, “the ocean is like a lake that separates Europe from the United States and our priority must be to nurture relations between its shores.”

Eric Bellion, yachtsman and “skipper of human diversity”, defines a transatlantic crossing as “setting out from a European port under sail to see what’s on the other side, to discover what’s different, such as the red and green channel markers which are the other way around.” But for this sailor who has made many voyages with adults suffering from cerebral palsy, “different” is a source of innovation. “You have to face up to the constraints of your handicap and innovate. Whether you’re in the workplace or on a boat, it’s hard to live together, to work together ; but when you’re at sea, you have no choice, you must solve all your problems. The fundamental thing is that everyone has to be committed to the project.”

And it works. “During one particular Fastnet race that had sixteen professional teams competing, we came eighth. When they saw who was aboard, a blind bloke, a wheelchair, some old people and a few girls, they couldn’t believe their eyes. And what’s more, we were all grinning from ear to ear, and then we jumped into the water !” Listening with interest, Olivier Pécoux, chairman of the Atlantic Yacht Club and CEO of the Rothschild Group, agreed wholeheartedly : “At sea there’s no room for individualistic behaviour, and it is especially true during an offshore race. You’re working shifts to ensure the boat is achieving its potential 24/7. If one crew member fails to do his job, another will have to do it. The negligence of a single crewman can create a crisis for the entire vessel. And you must be willing, and sometimes courageous, and you must be determined and strong. You get to know your limits, mental and physical.”

Anne-Marie Descôtes recognizes the diplomatic role played by the marine, both military and merchant, throughout history. Director of the Department for Globalization, Development and Partnerships at France’s Ministry of Foreign Affairs, she is convinced that we must take advantage of our differences “to create, with the USA, the conditions for sustainable development across the Atlantic. Transatlantic relations are essential and we need to boost them through improved trading conditions.” But we have to face the fact that the current situation is complicated. “Negotiations have been difficult but the bilateral agreement of 2013 between the European Union and the USA was a step in the right direction. Elections on either side of the Atlantic have hindered discussions but we must continue to speak on a daily basis, the EU–USA relationship is fundamental.”

For Benjamin Haddad, researcher at the Hudson Institute, new obstacles to our relations have recently reared their head : “The United States is focused on domestic policies. The external power of a given country relies on its domestic health. Moreover, the USA’s priorities are shifting away from the Atlantic towards the Pacific.”

Admiral Lagane, former commander of a ballistic missile submarine, is well-placed to understand the importance of the military navy in international relations : “Nuclear weapons and the fleet are powerful diplomatic tools, what we call the ‘deterrent’. Eighty percent of trade is carried by sea and France has the good fortune to be present on three oceans.” Foremost a sailor, he considers the sea to be an exceptional school of life and management. “Like the company boss, the sailor must set himself goals, identify the obstacles that might hinder him, and commit himself entirely to his endeavour. He must be independent, learn how to rely on himself, but also respect external authority.” He concludes : “It’s a fine mixture of passion and reason.”

* The European Excellence Network, under the chairmanship of Gabriella Lazzoni, promotes a positive vision of Europe founded on three essential values : Quality, Integrity, and Heritage. It supports enterprises which exemplify these values.

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