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LA FLOTTE A DOUARNENEZ

vendredi 20 juillet 2012

Ils seront douze voiliers à s’élancer depuis Douarnenez pour la première étape de la Panerai Transat Classique 2012. Au coup de canon libérateur, accompagnés par la flotte des Fêtes Maritimes, ils devront négocier la sortie de la baie et le passage, ô combien délicat, du raz de Sein. La course ne fera que commencer. Petit tour d’horizon des concurrents.

Devant les nombreux spectateurs installés sur les gradins du port du Rosmeur, douze équipages motivés et conquérants entendront le coup de canon du départ comme une délivrance. Après des mois de préparation intensive, des hommes et des bateaux, ils seront enfin dans le vif du sujet : être les premiers à atteindre Cascais, au Portugal, but de cette étape de ralliement de la Panerai Transat Classique 2012, avant d’être rejoints, à l’automne, par les concurrents venus de Méditerranée. Que l’on ne s’y trompe pas : ces voiliers, bientôt septuagénaire pour le plus ancien, ne partent pas en croisière, mais bien en course. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le palmarès de certains et les ambitions de leurs armateurs.
Parmi les plus illustres concurrents, il faut bien sûr citer Pen Duick II, le célèbre ketch noir avec lequel Eric Tabarly gagne la Transat anglaise de 1964 devant Sir Francis Chichester. Avec sa coque noire frappée du chiffre 14, ce voilier, dessiné et construit par Gilles Costantini, a fait entrer la France dans l’univers, jusque-là très anglo-saxon, de la course au large. Le voir au départ de Douarnenez procure une émotion particulière à tous les amoureux de la mer et son équipage, à l’instar de celui qui avait mené Pen Duick VI à la victoire en temps réel dans la traversée de l’Atlantique lors de la Transat Classique 2008, souhaite donner du fil à retordre à ses adversaires et se montrer digne de son fabuleux palmarès.

Un duel en temps réel
Au sein de cette flotte, un duel soulève un intérêt particulier : Cipango et Laetitia II, deux Taillefer, cette fameuse série dessinée par Franz Maas au milieu des années 1960, s’affrontent dans un mano a mano cordial, mais intense. Cipango bénéficie d’une longue préparation, comme le précise son armateur, Maurice Benzaquen, propriétaire depuis 1991 : « Faire une transatlantique est un rêve pour tout marin, mais il faut être méticuleux avant de partir. Notre participation à l’Atlantic Trophée (un aller-retour entre Douarnenez et les Açores) l’an passé nous a beaucoup aidé. Mais cela n’évite pas d’établir des listes interminables… que l’on complète en permanence. On va s’appliquer à bien faire marcher le bateau, mais en profitant de la vie à bord. » L’équipage de Laetitia II n’a qu’à bien se tenir, mais un marin averti en vaut deux.

Un match franco-italien
La vie des voiliers n’est pas un long fleuve tranquille et, au départ de la Panerai Transat Classique 2012, les exemples de parcours mouvementés ne manquent pas. À commencer par un étonnant chassé-croisé. Construit à la demande d’un régatier français, Emeraude, un plan Frers de 1974, navigue aujourd’hui sous pavillon italien quand, à l’inverse, Valteam, dessiné et construit en Italie en 1965, arbore désormais le pavillon tricolore. Et ces deux bateaux sont des concurrents à redouter. À la fin des années 1970, Emeraude se construit un joli pedigree en Manche, avec en particulier une participation à l’Admiral’s Cup, une épreuve très sélective disputée en équipe, avec à la barre un certain Dennis Conner, quatre fois vainqueur de la Coupe de l’America. Propriété de l’Italien Vittorio Cavazzana, ce joli sloup taillé pour la régate s’illustre plus récemment en remportant deux fois, en 2006 et 2007, le Panerai Classic yachts Challenge, disputé tout au long de la saison des classiques en Méditerranée. De son côté, Valteam commence son histoire dans le Sud, sous le nom d’Hermitage, avec une magnifique 2e place dans la célèbre Giraglia, en 1966. Laurent Renoul, son armateur actuel, attend avec impatience d’aller se confronter à l’Atlantique sud : « Nous sommes un équipage d’amateurs et, après avoir traversé par le Nord, nous sommes impatients de connaître la navigation sous les alizés. Et partager cette aventure avec des marins ayant la même philosophie d’esthétique et de tradition, c’est formidable. » Une ambition a priori modeste, mais servie par un coursier redoutable.

Le génie d’Olin Stephens
L’un des grands voiliers de la flotte, Amazon, a connu des mésaventures depuis plus de 40 ans et sa carrière aurait pu s’achever après un naufrage à la fin des années 1970. Renfloué, ce superbe yawl, dû au talent de l’architecte américain Olin Stephens, réapparaît il y a quelques années après une superbe restauration. Son armateur, Olivier Pécoux, membre fondateur de l’Atlantic Yacht Club, organisateur de la Panerai Transat Classique 2012 avec le soutien de la société Comet, est un fervent défenseur de la course au large et des voiliers classiques et il n’hésite pas à montrer le chemin à suivre : après sa participation à la Transat Classique 2008 avec la magnifique goélette aurique Petite Lande, plan Alden de 1927, il gagne l’Atlantic Trophée en 2011 avec Amazon. Un concurrent à suivre de près, d’autant que l’histoire raconte qu’il aurait inspiré Stephens lorsqu’il dessine le mythique Swan 65, du chantier Nautor, dont le premier représentant Sayula II triomphe lors de la Whitbread, course autour du monde en équipage et avec escales, en 1973-74. Un autre représentant de cette noble lignée des Swan se présente au départ de Douarnenez : Gwen Even est la propriété d’un jeune chef d’entreprise, Oren Nataf, novice tant dans la course que dans l’univers des classiques. Novice, mais passionné et enthousiaste : en participant l’an passé à l’Atlantic Trophée, il se donne les moyens de ses ambitions. Et ce jeune homme pressé n’en manque pas.

Un Tina pour la gagne
Avec le Tina Persephone, les spécialistes voient un postulant très sérieux à la victoire finale. D’abord, ce voilier dessiné par l’Américain Dick Carter a depuis longtemps démontré ses qualités de vélocité et sa capacité à affronter toutes sortes de conditions. Mais en plus, parmi l’équipage rassemblé par Yves Lambert, il faut compter avec un marin doté d’une expérience hors du commun : Pierre Follenfant. Énoncer la liste de ses succès dans la course océanique serait fastidieux si elle n’était avant tout impressionnante : La Baule-Dakar, Lorient-Les Bermudes-Lorient, Transat en double, La Rochelle-La Nouvelle-Orléans. Sans compter les tentatives de record et les circumnavigations. Et à ceux qui douteraient de la capacité d’adaptation d’un tel marin sur un « petit bateau classique », qu’ils se rassurent : Pierre Follenfant connaît le Tina sur le bout des doigts pour en posséder un lui-même, baptisé Doris. Yves Lambert, qui avait assisté sur le quai au départ de l’édition 2008, s’était juré de faire partie de la suivante. « Nous ne partons pas le couteau entre les dents…mais on a préparé le bateau pour être performant. » La lutte s’annonce âpre. Sans oublier les autres participants comme Mowgli, le plan Sergent de 1964 appartenant à la sympathique famille de Jean-Louis Vélasque, déjà partant en 2008, Marie des Isles, un Gran Schpountz déjà fort de sa traversée pour venir des Antilles où il navigue habituellement, Red Hackle, cet Esprit de Tradition dont l’équipage, parmi lequel une jeune fille de 10 ans, avait séduit tous les participants de l’Atlantic Trophée et Vagabundo II, magnifique ketch dessiné par German Frers en 1945 et donc doyen de la flotte.

Les concurrents au départ de Douarnenez

Nom Année Architecte Longueur Gréement
Amazon 1971 Olin Stephens 22,12 m yawl
Cipango 1966 Franz Maas 11,00 m sloup
Emeraude 1974 German Frers 14,50 m sloup
Gwen Even 1975 Olin Stephens 11,60 m sloup
Leatitia II 1966 Frans Maas 11,00 m sloup
Marie des Isles 1973 Daniel Z. Bombigher 20,00 m goélette aurique
Mowgli 1964 François Sergent 12,20 m yawl
Pen Duick II 1964 Gilles Costantini & Eric Tabarly 13,60 m ketch
Persephone 1969 Dick Carter 11,30 m sloup
Red Hackle 1989 German Frers 18,28 m ketch
Vagabundo II 1945 German Frers 13,50 m ketch
Valteam 1965 Renato Levi 22,25 m yawl
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